par jadlat

La matérialité d’internet : pistes pour un premier module de formation des lycéens à la culture de l’information

28 mai 2011 dans Apprendre à Apprendre
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Publié initialement sur mon blog

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Dans les apprentissages documentaires que nous devrions conduire à destination des lycéens, je suis persuadé qu’il y en a un qui devrait consister à prendre la mesure de ce qu’est Internet.

Qu’est-ce que cela signifie « aller sur Internet » ?

Il y a quelques années, je faisais une formation qui s’intitulait « internet c’est pas magique » et qui avait cet objectif : dépasser le stade magique pour avoir une représentation raisonnée de ce qu’est internet.

Pendant cette lecture, je faisais travailler les élèves sur deux exercices :



- un sur l’augmentation exponentielle de l’information en mettant en rapport l’apparition des objets communicants, de plus en plus resserrées dans le temps et l’augmentation de la quantité d’informations



- l’autre couplant l’accès à l’information avec les médias.



Ces deux exercices sont obsolètes aujourd’hui mais l’idée de travailler ainsi reste et je réflechis donc à une nouvelle vision de l’apprentissage auprès des élèves en seconde. Le premier module devrait concerner ce qu’est la matérialité d’internet.



Aujourd’hui, l’idée serait de partir de la théorie des graphes. Partir d’abord du graphe social et de Facebook, pour ensuite en venir au graphe documentaire de l’hypertexte et enfin terminer sur le graphe informatique. Trois couches à voir.



A partir de là, je pense qu’il faudrait toucher du doigt, et j’emploie l’expression à dessein, la matérialité d’internet : des câbles, des ordinateurs, des réseaux, des serveurs, des fermes de serveurs. Je pense pour cela qu’il faudrait d’abord partir de la salle dans laquelle on est, éventuellement aller visiter un serveur de l’établissement, pour ensuite aller à cette image et parler du stockage des données.

Il faudrait alors travailler sur des données matérielles : sur la consommation électrique de ces fermes de serveurs, sur le dimensionnement des tuyaux et sur les vitesses de l’information, histoire aussi de comprendre pourquoi le réseau de l’établissement souffre parfois un peu.



Ensuite j’aborderai bien la question des données : à travers la notion d’infobésité et notamment la loi de Moore (cf. les unités de mesure Ko–>Zo), des outils de lecture et de production de données (stylo/livre vs ordinateur/base de données) et bien entendu toutes ces images* qui circulent sur la consommation internet dont celle qui suit :







Cette partie peut être introduite par l’histoire que je racontai à l’époque de Internet c’est pas magique :

Nous pesons entre 50 et 80 kilogramme

Nous mesurons entre 1,60 mètre et 1,90 mètre



Nous mangeons 2000 kilo-joules par jours



Nous faisons entre 2 et 10 kilomètres pour venir au lycée



Nous buvons entre un et deux litres par jour







En 1980, la capacité des disques durs d’ordinateurs se mesurait en kilooctet



En 1990, elle se mesurait en mégaoctet



En 2000, en gigaoctet



En 2010, ce sera en terraoctet



A combien d’année lumière se situe la prochaine planète sur laquelle nous allons aller un jour ?



Nous avons changé d’échelle. La mesure humaine, c’était le kilo. Les mesures que l’on emploie pour calculer la quantité d’informations sont des mesures à l’échelle de l’univers.



Il nous faut désormais apprendre à gérer ce changement d’échelle.

Je pense ensuite qu’il faudrait travailler sur les services et sur les modèles économiques que l’on trouve sur Internet avec le principal d’entre eux : données personnelles contre gratuité de l’usage d’un service. Voir à faire découvir d’autres modèles économiques.



Un dernier point à aborder serait le rapport entre données / base de données / représentation des données pour conclure sur ce qu’est matériellement un site internet, un blog, un réseau social et sur la notion de moteur de sites (moteur de recherche, CMS, RS, blog, wiki, forum…) comme coeur d’activités des services en ligne.



Ce travail serait à faire, non pas comme un module à asséner dès le départ mais comme un module à acquérir au long de l’année de seconde. Il pourrait être constitué de fiches témoin des grains de formation à assurer dans le cours de modules de recherche.



Sur l’évaluation, je ferais bien une évaluation individuelle, par entretien avec l’élève, basée sur les formations faites et une évaluation collective, par échange, sur le sens des apprentissages de ce module.







Cet article et une réedition d’un article ancien, largement remaniée pour l’occasion et avec une nouvelle intention de préparer la formation des futures secondes l’année prochaine



* La consommation Internet dans une journée



http://www.webactus.net/wp-content/uploads/2010/06/a-day-in-the-internet-infographic-315×1024.jpg



http://awesome.good.is/transparency/web/1009/the-world-of-data/transparency.jpg



La taille d’internet



http://webilus.fr/wp-content/uploads/2010/11/internet-size-infographic.png



** Quelques articles à lire sur le sujet



http://adscriptum.blogspot.com/2008/02/internet-de-lexaflood-au-zettaoctet.html



http://ebsi2point0.blogspot.com/2008/03/votre-empreinte-numrique.html



http://jadlat.wordpress.com/2008/04/27/exponentielle/



http://techliberation.com/2011/02/11/terrific-visualization-of-digital-information-explosion/



http://inferences-conseil.blogspot.com/2011/03/larche-des-donnees-survivre-lage-du.html